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La préservation de l'eau, un impératif stratégique et opérationnel pour les entreprises de Nouvelle-Aquitaine

Environnement
mardi 17 mars 2026
Par Marie Bardet-Crougnaud

Les adhérents du Club Résolution se réunissent tous les deux mois dans les locaux du groupe Sud Ouest. Crédits : L. G.

Face à l'urgence climatique et au durcissement réglementaire, les entreprises intègrent désormais la gestion de l'eau au cœur de leur modèle économique. À travers des innovations techniques, les acteurs économiques transforment cette contrainte environnementale en levier de compétitivité.

Comment faire de la préservation de l’eau un levier de différenciation et de croissance ? Lors du dernier Club Résolution, organisé par Placéco organisé en partenariat avec Caisse d'Épargne Aquitaine Poitou-Charentes et dédié aux responsables RSE des entreprises et des organisations, trois invités ont apporté leur éclairage sur ce vaste sujet. Gwénaëlle Maisonneuve, ingénieure agronome et dirigeante du cabinet d’études Eten Environnement, Louis Ducarre, dirigeant de la blanchisserie industrielle Les Lavandières d'Aquitaine, et Jessica Wydra, fondatrice de Nowa Cosmetics, ont partagé leur expérience, pour répondre aux obligations réglementaires tout en développant des solutions concrètes pour réduire leur empreinte hydrique et répondre aux nouvelles exigences des donneurs d'ordres.

Optimiser ses processus pour faire la différence

Le cadre réglementaire et financier impose aujourd'hui une vigilance accrue aux entreprises, quel que soit leur secteur. Au-delà du Code de l'environnement, les entreprises doivent désormais répondre aux indicateurs extra-financiers de la CSRD et aux exigences des assureurs. Comme le souligne Gwenaëlle Maisonneuve, « vous pouvez être amené à devoir montrer patte blanche auprès soit de vos investisseurs, soit de vos assureurs ». Elle rappelle à ce titre l'avertissement de l’ancien PDG d’Axa, Henri de Castries, en 2015 : « Un monde avec une hausse de 4°C n’est plus assurable », obligeant les structures à prouver leur capacité de résilience face aux événements extrêmes.

Dans l'industrie, l'optimisation des processus permet des gains de taille sans compromettre la production. Louis Ducarre a divisé par cinq la consommation d'eau de ses sites de Saint-André-de-Cubzac et Saint-Paul-lès-Dax par rapport à un usage domestique. « Chez vous, à la maison, vous êtes entre quinze et vingt litres par kilo et nous on est à quatre litres par kilo », explique le dirigeant. Ce résultat repose sur l'utilisation de tunnels de lavage industriels où l'eau est réutilisée quatre fois en circuit inverse, circulant du dernier rinçage vers le prélavage. L'entreprise vise désormais l'autonomie totale grâce à des systèmes de filtration par osmose inverse.

L'engagement, un critère de sélection 

L'innovation produit constitue un autre levier majeur, notamment dans le secteur de la cosmétique où l'hygiène classique consomme jusqu'à 90% d'eau potable dans sa formulation. Jessica Wydra a développé une solution nettoyante sans rinçage et sans eau potable ajoutée, utilisant de l'eau de fruit upcyclée. Née d'une réflexion sur les sécheresses de 2022 dans le Médoc, cette démarche vise à anticiper une ressource qui deviendra « extrêmement chère » ou sujette à des coupures. Pour la fondatrice, « lancer une marque de cosmétique clean [...] ce n'est plus un avantage différenciant, c'est juste une obligation ».

L'engagement environnemental devient par ailleurs un critère de sélection déterminant pour accéder aux marchés publics et privés. Les grands comptes, tels que la SNCF ou les groupes hôteliers, exigent désormais des gages concrets en matière de RSE. Louis Ducarre observe que « si on ne répond pas aux critères, on peut être sorti très rapidement du marché ». Selon lui, les audits lors des appels d'offres sont de plus en plus pointus, demandant aux candidats d'être « pratico-pratiques et crédibles » dans leurs explications.

Enfin, la préservation de la ressource agit comme un vecteur de cohésion interne et d'attractivité pour les talents. Gwénaëlle Maisonneuve illustre ce point par un projet de gestion des eaux pluviales à la parcelle, transformé en espace végétalisé pour les salariés, alliant obligation légale et bien-être au travail. Cette sensibilité est particulièrement forte chez les jeunes collaborateurs. Jessica Wydra note recevoir des candidatures de jeunes « vraiment sensibles au sujet », ce qui suggère que la trajectoire environnementale d'une entreprise devient un argument clé de recrutement pour les nouvelles générations.

Les sujets autour de la RSE vous intéressent ? Inscrivez-vous au prochain salon Résolution à Bordeaux, le 23 avril.

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