Selon François Gemenne, l'adaptation climatique est devenue un impératif macroéconomique
Le chercheur sera un des invités du salon Résolution au palais des Congrès à Bordeaux, le 23 avril. Crédit : Thierry David / Sud Ouest
Selon le chercheur, la transition écologique s'impose aux entreprises comme un enjeu stratégique de souveraineté et de développement économique. Il sera un des invités du salon Résolution à Bordeaux, le 23 avril.
Le diagnostic posé par François Gemenne, coauteur du sixième rapport du GIEC, est sans appel : les événements extrêmes actuels ne sont que les prémices des bouleversements à venir. Le chercheur viendra à Bordeaux le 23 avril sur le Salon Résolution pour débattre avec d'autres experts sur ces questions. Les impacts s'aggraveront tant que la neutralité carbone - l'équilibre entre émissions et absorption - ne sera pas atteinte, horizon espéré vers 2050. Face à cette réalité, dont la maîtrise nécessite de limiter la hausse des températures à 2 degrés pour préserver l'habitabilité des territoires, les organisations doivent se préparer activement. Le défi n'est plus d'alerter, mais de concevoir des stratégies concrètes face à ces chocs climatiques.
Une transformation des macrostructures économiques
Contrairement à la crise de la couche d'ozone des années 1980, qui fut résolue par des modifications ciblées de processus industriels, la crise climatique exige une refonte de nos modèles. L'adaptation représente un chantier si vaste qu'elle remet en cause l'ensemble des macrostructures de l'économie et de la société. Elle implique des transformations profondes touchant aux infrastructures, à l'aménagement du territoire, à l'architecture, ainsi qu'à la santé. Ce bouleversement doit être abordé non pas comme une fatalité, mais comme une opportunité de repenser les organisations et de construire un nouveau projet de développement économique.
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Un enjeu de compétitivité
Dans une perspective internationale, la décarbonation s'affirme comme un moteur essentiel de modernisation. Le politologue prend l'exemple de la Chine, qui stabilise ses émissions via l'essor massif de l'énergie solaire, atteignant ses objectifs avec cinq ans d'avance. Cette dynamique répond moins à des motivations écologiques qu'à des impératifs de puissance géopolitique et de compétitivité.
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Pour les acteurs économiques, l'enjeu est de ne pas rater ce virage énergétique. Afin de rendre le discours climatique de nouveau efficace, il est indispensable de le lier aux questions de compétitivité et de souveraineté.
La massification par l'action collective et locale
Si l'action individuelle demeure nécessaire, la réponse au défi climatique requiert avant tout une mobilisation collective. La stratégie d'adaptation locale repose sur deux piliers majeurs : la massification et l'action collective citoyenne. Pour la massification, l'enjeu n'est plus tant d'inventer de nouvelles solutions que de prendre les initiatives locales existantes et de les déployer à grande échelle. Pour l'action collective, les villes et les communes représentent l'échelon démocratique le plus approprié pour fédérer les habitants. L'adaptation ne réussira pas uniquement grâce à des changements de comportements individuels ; elle nécessite d'agir ensemble pour recréer de la confiance et faire de la transition un véritable projet de société.
Il sera un des invités du salon Résolution au palais des Congrès à Bordeaux, le 23 avril. Sur inscriptions.