Y'a pas que l'éolien qui compte : comment développer d'autres énergies marines renouvelables
Les éoliennes en mer se sont imposées progressivement dans le paysage énergétique des façades maritimes. Crédit photo : Adobe
La Région Nouvelle-Aquitaine explore de nouvelles voies pour développer les énergies marines renouvelables en dehors de l’éolien. Une étude prospective, menée entre 2023 et 2025 sur le territoire allant du nord d’Oléron jusqu’au sud de l’estuaire de la Gironde, a identifié plusieurs sources d’énergie prometteuses.
Quand on pense aux énergies marines c'est souvent l'éolien qui vient en premier. Et pourtant, il existe d'autres énergies renouvelables toutes aussi puissantes. L'Agence de développement et d'innovation Nouvelle-Aquitaine, Aquitaine Blue Energies et Bluesign ont coorganisé à Bayonne une rencontre consacrée aux énergies marines renouvelables. Intitulé « Perspectives de développement et de coopération pour les énergies marines renouvelables en Nouvelle-Aquitaine et en Euskadi », l’événement a réuni pendant deux jours les professionnels du secteur. Parmi les intervenants, Pablo Castillo, chargé de mission au sein de l'agglomération royannaise, a évoqué de nouvelles pistes pour la production d'une énergie renouvelable locale.
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De la thalassothermie aux panneaux photovoltaïques
Deux sites ont été sélectionnés pour l’exploitation de la thalassothermie, une technologie qui exploite la différence de température entre eau de mer et air pour produire de l’énergie. À Royan, le projet prévoit une capacité de 375 kW pour un investissement de quatre millions d’euros, tandis qu’à la Cotinière, la puissance envisagée atteint 1 MW pour 11,6 millions d’euros. Selon les porteurs du projet, ces installations pourraient générer jusqu’à 80 % de retombées économiques locales, un chiffre significatif pour la région.
Un site pilote de 2 MW a été modélisé sur l’estuaire de la Gironde pour l’hydrolien, technologie encore en phase de développement. Le coût de l’énergie produite reste élevé, autour de 250 euros le MWh, mais l’impact économique pour les entreprises régionales reste prometteur.
L’étude s’est également intéressée à l’énergie des vagues avec un site modélisé à 1,5 mille nautique de la côte et une capacité de 2 MW. Cette technologie émergente présente un coût compétitif estimé à 180 euros le MWh et pourrait simultanément contribuer à la protection du littoral.
Enfin, le projet explore l’implantation de panneaux photovoltaïques au-dessus des claires ostréicoles, afin de produire de l’énergie tout en régulant la température de l’eau. Cette initiative pourrait aider à limiter les effets du changement climatique sur les huîtres et réduire les coûts énergétiques des ostréiculteurs. Un projet pilote est en cours pour évaluer l’impact de l’ombre des panneaux sur la biomasse phytoplanctonique et le développement des huîtres, dans le respect des zones Natura 2000 et des paysages remarquables.
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