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RSE : comment Co-nect fait sortir sa démarche durable de ses murs

Sociétal
mardi 22 septembre 2026
Par Marie Bardet-Crougnaud

Si la société Con-ect a changé de main en septembre, son ambition RSE reste identique. Crédits : Stanislas Darrigrand

L'entreprise événementielle Co-nect vise le label B Corp pour structurer sa stratégie de développement durable sur cinq ans. Une démarche qui passe par la publication d'un premier rapport durable, mais aussi par l'engagement de ses sous-traitants autour d'une charte RSE. Jessica Marechal, responsable RSE, en détaille les ressorts.

Pendant longtemps, Co-nect a fait de la RSE sans le dire. « On a très peu communiqué auparavant sur tout le développement durable parce qu'il y a toujours cette méfiance de se faire tacler de greenwashing », reconnaît Jessica Marechal, responsable RSE de cette entreprise d'une cinquantaine de salariés répartis entre Bordeaux, Paris et Lyon. Aujourd'hui, l'entreprise d’événementiel assume au contraire d'exposer sa démarche : elle vient de publier son premier rapport durable et s'est lancée dans une procédure de labellisation B Corp. Un changement de cap qui vise à faire « sortir » la RSE de l'interne pour l'ouvrir à l'ensemble de ses parties prenantes. Retour sur cet engagement pris en mars dernier à l’occasion du salon Résolution, organisé par Placéco en partenariat avec Caisse d'Épargne Aquitaine Poitou-Charentes.

D’Inspiraction à B Corp

Depuis 2024, la politique RSE de l'entreprise s'articulait autour d'un projet baptisé « Inspiraction ». Mais la feuille de route touche à sa fin, et Co-nect prépare déjà sa suite. Le prochain projet d'entreprise, qui couvrira la période 2027-2032, aura pour socle le label B Corp. Les exigences de ce dernier deviendraient « les nouvelles fondations » d'une stratégie pensée sur cinq ans.

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Pourquoi B Corp ? Parce que l'entreprise estime avoir atteint les limites de son outil actuel. Co-nect dispose déjà d'une certification ISO 20121 (référence en matière de management responsable de l'activité événementielle), qui l'oblige à mettre en place des procédures internes dans une logique d'amélioration continue. « Aujourd'hui, on se rend compte qu'il faut qu'on aille plus loin et qu'il faut qu'on se rende compte de l'impact qu'on a sur notre écosystème, auprès de nos parties prenantes », explique la responsable RSE. Là où la certification ISO pousse à se remettre en question en interne, B Corp invite à « toujours mettre le nez à la fenêtre » et à mesurer ses impacts sur l'extérieur. « Réfléchir à comment on peut contribuer à une société plus juste, puisque c'est aussi notre raison d'être », résume-t-elle.

Le rapport durable, ou l'obligation de preuve

Dans la même dynamique, Co-nect a rédigé son premier rapport durable. Pour Jessica Marechal, l'intérêt d'un tel document est d'abord de contraindre à la rigueur. « On est obligé de prouver ce que l'on avance », insiste-t-elle. Il fixe aussi une série d'objectifs pour 2026, organisés par piliers. Sur le plan économique, l'entreprise s'est fixé d'atteindre 75% de sous-traitants signataires de sa charte RSE (contre moins de 50% aujourd'hui).

Un objectif ambitieux, d'autant que ces partenaires « sont souvent des indépendants ou des petites structures » pour lesquels la RSE ne reste « pas encore très formalisée ». La stratégie de Co-nect mise donc sur l'accompagnement et la pédagogie. La charte est jointe systématiquement lors des campagnes de renouvellement des contrats, et l'entreprise se tient à disposition en cas de blocage.

« On demande, mais on s'impose en parallèle »

Pour légitimer ces exigences, Co-nect entend appliquer à elle-même ce qu'elle attend de ses partenaires. L'entreprise a ainsi signé la charte Relations fournisseurs et achats responsables du gouvernement. « On demande, mais on s'impose en parallèle », résume Jessica Marechal, qui y voit « une relation honnête ».

C'est aussi ce qui la séduit dans B Corp, dont le référentiel impose de rendre publiques certaines politiques - comme celle du respect des droits humains et du travail responsable. « À partir du moment où tu fais une politique publique, ce n'est pas un document en interne où tu te caches derrière ton petit doigt. » Une exigence de formalisation qui bouscule sans déplaire : « Il y a des choses qu'on fait déjà parce que ça relève du bon sens, mais on n'a pas forcément tout formalisé. Là, ça nous impose de le faire. Et finalement, ce n'est pas plus mal. » Car sans formalisation, rappelle-t-elle, pas de preuve - et sans preuve, pas de RSE qui tienne…

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