Domofrance, innover pour décarboner
De gàd : Stéphane Moreau (Domofrance), Audrey Dugal (Bordeaux Métropole Énergies) et Francis Stéphan (DG Domofrance). Crédit : Domofrance
Avec plus de 60.000 logements sociaux en Nouvelle-Aquitaine, Domofrance fait de la décarbonation un axe central de sa stratégie. Pour réduire l’empreinte carbone de son parc, le bailleur explore de multiples solutions, parmi lesquelles le gaz vert.
Derrière le transport, le logement fait partie des principales sources d’émission de gaz à effet de serre en France. Avec plus de 327.000 logements en Nouvelle-Aquitaine, les bailleurs sociaux ont un rôle important à jouer en matière de transition énergétique. Chez Domofrance, avec plus de 60.000 logements sociaux dans la région, le sujet de la décarbonation se place au centre des débats. « Nous devons gérer la transition, améliorer le confort des habitants, tout en maîtrisant les coûts », un triptyque d’enjeux résumé par Stéphane Moreau, directeur projet innovation technique.
Pour les acteurs de ce secteur, les leviers de décarbonation se situent à plusieurs niveaux: rénovation des logements, hybridation des solutions et déploiement des énergies renouvelables. « Les deux tiers de notre parc étant chauffé au gaz, les sujets du gaz vert et du mix énergétique sont incontournables pour nous », souligne Aimeric Cormier, chef de projet innovation énergie.
Pas de solution universelle
Pour décarboner mais aussi contenir les soubresauts tarifaires d’une énergie fossile aux tarifs volatiles, Domofrance met en place depuis plusieurs années des dispositifs d’hybridation. Gaz, électricité, pompe à chaleur (PAC), hydrogène, réseaux de chaleur… Le bailleur social ne s’interdit rien. « Chaque énergie a sa place, l’objectif étant d'utiliser la plus pertinente selon la configuration du projet et le moment d’utilisation», explique Stéphane Moreau. Une stratégie qui permet de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en garantissant un mix énergétique nécessaire à une certaine indépendance. « Il n’y a pas de solution universelle », selon le directeur, « on regarde les coûts d’investissements, les contraintes techniques et on challenge les différentes pistes pour retenir la plus appropriée ».
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Tout comme il n’y a pas de solution universelle, il n’y a pas non plus de martingale intemporelle. Ainsi, les projets peuvent évoluer avec le temps. À Pessac, dans le quartier Saige-Formanoir, un forage géothermique couplé à des pompes à chaleur est venu supplanter le gaz. « Ce dernier est devenu une énergie d’appoint, d’autant que nous réfléchissons désormais à raccorder la résidence au réseau de chaleur mise en place par Bordeaux Métropole Énergies », précise Stéphane Moreau.
Le logement social en pionnier
Dans le Lot-et-Garonne, près d’Agen, un autre projet allie PAC et gaz. « Toute la résidence Albert Camus à Bon-Encontre est instrumentée, ce qui nous fournira des données précises dans le temps quant à l'efficacité du dispositif », relate Aimeric Cormier. La filière gaz étant bien développée dans ce département, la résidence pourrait prochainement être alimentée en biogaz. Ainsi, l’énergie du 21ème siècle se vivra en circuit court, produite à proximité de l’endroit où elle est consommée.
Avec le plan ambitieux déployé par la Nouvelle-Aquitaine, le gaz vert apparaît comme une énergie d’avenir. Représentant déjà 8% du gaz distribué, les objectifs de la Région visent 20% en 2029 et 100% en 2050. Il devrait alors prendre de plus en plus de place dans les diverses solutions instituées. Actuellement, les équipes de Domofrance planchent sur un système comprenant une chaudière hybride au gaz et à l’hydrogène, avec de l’électricité photovoltaïque en appoint. « Nous innovons pour être plus vertueux », affirme Stéphane Moreau.
Sur ce point, les bailleurs sociaux ont un rôle capital à jouer. Avec un parc représentant 16% des résidences principales dans le pays, « le logement HLM peut être une locomotive pour amorcer des progrès », estime Aimeric Cormier.